De la Préhistoire à nos jours, l’être humain n’a de cesse de se représenter lui-même et de se façonner en miniature, comme en témoignent les premières Vénus préhistoriques. À l’image des figurines antiques, retrouvées dans des tombes et des lieux de culte, ces œuvres semblent refléter des pratiques sacrées tout en assouvissant un besoin universel : miniaturiser le monde, le répliquer afin qu’il tienne au creux de notre main, et pouvoir le saisir, enfin.
Rituels, ludiques, pédagogiques ou artistiques, les usages de la figurine se sont diversifiés au rythme des mutations de nos sociétés, oscillant entre artisanat et industrialisation croissante.
L’évolution des techniques et des savoir-faire a souvent coïncidé avec des sujets militaires, depuis les jeux de stratégie – dont les échecs sont les plus anciens témoins – jusqu’au fameux petit soldat de plomb né à la fin du XIXe siècle, en passant par le populaire soldat de carte, témoin des progrès de l’imprimerie. L’apparition du plastique au XXe siècle et l’essor des techniques numériques au XXIe révolutionnent le genre de la figurine par une production mondialisée et à bas coût, caractérisée par un rendu du détail toujours plus poussé.
De la Préhistoire à nos jours, les collections recréent une véritable galerie de l’humanité où le minuscule nous invite à observer, en gros plan, notre rapport au monde et à nous-même.